Il y a quelques mois, Flammarion et la presse nous annonçaient une biographie de et part Fabrice Luchini. Ayant toujours admiré le personnage, son phrasé et vu un certain nombre de ses films, j’ai sauté sur le livre à sa parution.

Autant être claire dès le départ, il ne s’agit pas d’une biographie car outre peut-être les deux premiers « chapitres » où il parle de lui, rien d’ailleurs que nous ne sachions déjà (il a arrêté l’école à 14 ans, coiffeur dans les beaux quartiers, volonté d’ascension sociale, choix – discutable – de son prénom). Aussi, je le déconseille aux personnes qui cherchent quelque chose de pragmatique, structuré et sensationnaliste.

Une fois l’idée d’une biographie conventionnelle mise de côté, on se laisse bien évidemment happer par le récit. Il écrit comme il parle, comme il joue, comme il raconte. On l’entend nous narrer son écrit et regretterait presque que ce ne soit pas un livre audio.

C’est un véritable travail que de le lire et le suivre. En effet, ce n’est pas un livre que l’on prend pour se vider la tête dans le bus ou sur une chaise longue en vacances. Inconditionnel de Céline, de Molière et de Roland Barthes, il part dans des envolées lyriques, fidèle à lui-même et nous livre ainsi un recueil d’analyses de textes plus qu’un récit de vie. Préparez-vous également, le 70% du livre n’est que citation de ses auteurs fétiches. Mais citations bien choisies, j’en ai d’ailleurs relevées certaines illustrant tout à fait certaines de mes péripéties. Par contre j’ai, j’avoue, survolé, les dizaines de pages consacrées à Rimbaud et son bateau ivre (sans vouloir vous manquer de respect, Monsieur Luchini), mais j’ai toujours été insensible à la poésie (entre autres…!)

Bref, ce fil conducteur du livre en rend l’ouvrage tout autant intéressant. Il permet de faire travailler ses deux neurones (je parle pour moi), de réviser ses classiques et amène un point de vue (ou plutôt le point de vue de l’auteur) contemporain sur des dialogues du 17ème siècle. Il nous ramène ainsi à nos jeunes années d’étudiants, intellectualisant la moindre phrase, le plus simple texte et rappelle qu’un livre peut avoir deux fonctions, divertir et/ou réfléchir…et pour cela MERCI.

Pour les acteurs en herbe, cela devient également un tutoriel, Monsieur Luchini donnant certaines clés pour aborder Molière ou Rimbaud. En racontant notamment ses rencontres avec divers metteurs en scène, philosophes et acteurs mais aussi nous livre certaines techniques d’approche des personnages et textes.

Oui, ce n’est pas une biographie classique où la vie est décortiquée chronologiquement (après tout il y a wikipedia pour cela), il faut se dissocier de nos habitudes car ce sont bien les écrivains cité et son esprit analytique et admiratif de la langue française qui fait de Robert, Fabrice. Et ne suit-il pas les instructions de Flaubert, précisant qu’il ne faut pas s’écrire.

PS. Comme quoi, il existe des Fabrice intelligents et qui savent écrire…Je me tais et file avec Alceste à bicyclette!

ça a débuté comme ça, Fabrice Luchini, Ed. Flammarion 2016, 245 p.

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Posted by:sabine

5 replies on “ça a débuté comme ça…

    1. Merci beaucoup d’avoir lu article :-). J’ai encore plus apprécié le livre après avoir revu « Alceste à bicyclette », on croirait presque qu’il raconte certains passages.

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