Je vous ai bassiné l’an dernier avec du Béjart par-ci Béjart par-là lors de la rédaction de mon mémoire dans le cadre d’un diplôme en événementiel au SAWI. Je reviens à la charge cette année puisque nous célébrons la triste date des 10 ans de sa disparition. Alors c’est un petit article hommage, sans aucune prétention ni pertinence d’ailleurs, à ce chorégraphe qui berce la vie culturelle de Lausanne depuis 30 ans et la mienne accessoirement.

Boléro Béjart Ballet Lausanne

Comme beaucoup de petites filles, j’ai commencé la danse classique à l’âge de 4 ans, en 1987, soit l’année où Maurice Béjart arriva à Lausanne avec sa compagnie. A cet âge, on rêve de devenir petit rat à l’Opéra, de mettre des tutus et de trottiner sur pointes (sans penser une seule seconde à la destruction massives de nos pauvres pieds qui n’en seront plus). Puis, quelques années plus tard, votre maman vous emmène à Beaulieu. Pour la première fois vous découvrez le BBL, le Béjart Ballet Lausanne.

Et là, toute votre perception de la danse change…vos yeux de petite fille s’ouvrent sur un art tout aussi rigoureux que le ballet classique mais où les danseuses ne portent pas de tutu mais un simple justaucorps…et surtout transpirent une émotion qu’aucun ballet classique n’est arrivé à vous transmettre jusqu’alors – on pleure quand même rarement à Giselle ou Casse-noisette – c’est un enchaînement de chair de poule, d’émerveillement et de larmes.

Le rideau tombe.

Maurice Béjart, le chorégraphe lui-même, entre sur scène pour le salut final. Tout le monde est sous le charme de cet homme simple, élégant et tellement attachant même depuis le haut du balcon. La soirée se termine par la désormais rituelle standing ovation, le public laissant ainsi transparaître toute son admiration.

Depuis c’est une tradition mère-fille. Deux fois par an, nous ne manquons aucune représentation annuelle, aucun jubilé ou autres événements comme lors de représentations à Malley ou à Montreux. Par contre je n’ai pas encore fait le déplacement jusqu’au Japon où la compagnie se produit plus que régulièrement.

Puis, en ce matin du 22 novembre 2007, la nouvelle tombe, Maurice s’est éteint. Je m’en souviens encore, je travaillais à Genève à l’époque et n’est pu contenir mes larmes derrière mon ordinateur. On se retrouve orphelin, le monde de la danse est en deuil et ne sera plus jamais pareil. Et 10ans plus tard, à quelques jours près, c’est son ami photographe, Marcel Imsand, qui part le rejoindre…comme quoi parfois la vie…

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à leur arrivée, ils répétaient dans une salle de gym! et vous remarquez Jorge Donn…?
Mais qu’est donc devenu le BBL sans son maître me direz-vous…?

Eh bien toujours aussi apprécié et ovationné. Il est tout de même difficile de ne pas avoir le « tutu » entre 2 chaises…d’un côté on ne veut pas occulter l’œuvre du maître en imposant sa patte et d’un autre, 10 ans après, force est de constater qu’il faut évoluer et que l’on a bientôt fait le tour de ses créations les plus « bankables »…

Pas facile donc de reprendre une telle aura. Gil Roman essaie ainsi de nous faire du moitié-moitié pour ne pas vexer les rétro conservateurs comme moi en reprenant ses classiques et proposant une de ses propres créations, le deal est honorable. Personnellement même 10 ans plus tard et sans aucune méchanceté envers Monsieur Roman, je ne suis pas prête à lâcher l’affaire aussi facilement et ne peux me résoudre à ne pas avoir au moins un petit susucre béjartien à chaque semestre… j’dis ça j’dis rien.

bbl béjart ballet lausanne

Mon top 3 de ses chorégraphies

  • Brel et Barbara : (je pleurs à chaque fois même quand je regarde sur Youtube ou à la télé). Déjà que la musique est puissante, ok je peux comprendre que pas tout le monde soit fan…mais en plus la chorégraphie…impossible de rester insensible sur « Ne me quitte pas » ou la » Solitude »!!
  • Le Presbytère: j’ai toujours adoré la danse « classique » sur de la musique moderne. La puissance de Queen associée à la puissance de la mise en scène et des danseurs ne fait que me conforter dans cette passion. J’aurais aimé pouvoir faire la même chose sur Muse…chacun ses lubies… Et je vous explique même pas lorsque, peu de temps après sa mort, toute la compagnie termine par The Show must go on de manière tellement sobre en avançant juste sur scène, ce n’est pas un mais deux paquets de mouchoirs qui sont de rigueur!
  • Les 7 dansesgrecques: je me souviens presque de la première fois que j’ai vu ce ballet tellement surprenant et je crois presque que c’était mon premier Béjart. Des danseuses sur pointes sur du sirtaki ou presque autant être honnête, j’ai trouvé bizarre, et puis on se laisse emporter par la précision et l’intensité et bam ça devient une de vos chorégraphies préférées

Béjart quelques dates

1er janvier 1927: naissance de Maurice Jean Berger à Marseille

1946: début de sa carrière de danseur

1955:Symphonie pour un homme seul, qui le propulse sur le devant de la scène

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1960: fondation du Ballet du 20e siècle à Bruxelles, c’est là qu’il créa le Boléro d’ailleurs

1987: installation de la compagnie à Lausanne

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1992: fondation de l’Ecole Rudra-Béjart

2007: décès du chorégraphe à l’âge de 80 ans

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et pour en savoir plus, parce que j’ai bien évidemment rien inventé…vous avez un site entièrement consacré au chorégraphe: www.maurice-bejart.ch

Et n’oubliez pas de prendre votre billet pour la création avec Marc Hollogne, dépêchez-vous il ne reste plus que 3 soirs de libre sur les 6! C’est du 19 au 24 décembre au Théâtre de Beaulieu!

Ballet Béjart Lausanne

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Posted by:sabine

4 replies on “10 ans sans Béjart…

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