Cendrillon de Monte-Carlo à l’Opéra de Lausanne

Hier soir, j’ai fait ma Cendrillon…non aucun prince charmant n’a récupéré ma chaussure, de toute façon jamais je ne l’abandonnerai, mais j’ai eu le plaisir de voir un ballet de grande qualité, drôle, pailleté et magique à l’Opéra de Lausanne.

3e ballet au programme de l’Opéra de Lausanne, pour rappel les deux précédents furent Roméo et Juliette par le Grand Moscow State Classical Ballet, qui fut plutôt décevant mais passons, et surtout Anna Karénine sur une chorégraphie de Boris Eifman. Une prestation à couper le souffle, d’une intensité et d’une technique purement incroyables, j’en ai même versé quelques larmes après avoir passé quasiment la totalité du dernier acte en apnée ! La barre était donc placée très haute pour le 3e et dernier ballet de cette saison (hélas).

Cendrillon… l’histoire du conte de Perrault est connue, le ballet un peu moins alors quand il est en plus modernisé… Si on y reconnait quelques inspirations « disneyennes », le fond de l’histoire reste, malgré ce qu’on en dit, le même. Une Cendrillon un peu (trop) nunuche concurrencée par sa marâtre et ses filles, un père faible qui n’ose pas prendre parti, un prince charmant fétichiste des pieds, mais exit gusgus ou la citrouille. On va pas refaire le conte, attardons-nous plutôt quelque peu sur l’histoire de la chorégraphie et une courte présentation des Ballets de Monte-Carlo. Je dis nous, mais c’est surtout pour moi…j’avoue je ne connaissais aucun des deux et cet article m’offre le prétexte de me cultiver un peu.

Les Ballets de Monte-Carlo

Le point de départ semble être l’installation de Diaghilev et ses Ballets russes à Monaco en 1909 et ce durant 20 ans. Mais ce n’est qu’en 1985 que la compagnie actuelle a été formée. Jean-Christophe Maillot est nommé en 1993 à la tête des ballets. Coïncidence? ce dernier va recevoir le prix du Lifetime achievement au Prix de Lausanne, le 3 février prochain. Lauréat du concours et membre du jury, il développa considérablement le monde du ballet en invitant bon nombre de chorégraphes connus comme Forsyth, Neumeier, etc. et moins connus sans oublier évidemment Béjart avec le Boléro en 2005 et le Sacre du Printemps en 2010.

Le balais ballet de Cendrillon

On doit sa création à Marius Petipa en 1893 sur une musique oubliée, ensuite vient l’unique ballet de Johannes Strauss en 1901, mais c’est surtout sous l’égide de Prokofiev, qui crée la musique entre 1941 et 1944 à la demande du Mariinsky je crois, que l’on connait ce ballet. Revisité ensuite par Noureev qui le transpose dans le Hollywood des années ’20-30, ou encore Thierry Malandain, c’est ici la version de Jean-Christophe Maillot datant de 1999, qui se veut plus humaine, selon ses dires.

J’y allais donc sans trop savoir à quoi m’attendre, je préférais avoir la surprise et cela n’a pas manqué. Absolument parfait pour commencer le weekend, beaucoup d’humour sans tomber dans la facilité, de la légèreté (oui oui le public avons ri!), aucune grande métaphore philosophico-dramatique, des décors et costumes simples, modernes et originaux, aucune fioriture ou tutu à la Bolshoi, d’autres alternatives sont choisies pour nous faire rêver. Mais je ne spoilerai pas plus.

Ma préférée la belle-mère! Parfaite dans son rôle, extrêmement expressive et une perruque faisant drôlement penser à Maléfique dans la Belle au bois dormant. Viennent ensuite les deux fidèles serviteurs qu’on pourrait rapprocher de Tweedle dee et Tweedle dum d’Alice au pays des merveilles et Javote et Anastasie tout aussi pestes que dans le Disney. Tout y est ou presque, pas de grosses citrouilles ou de petites souris travailleuses, elles sont remplacées par des sortes de soldats ménagers tout aussi efficaces.

S’il fallait tout de même donner des petits moins, le 3e acte peut s’avérer un peu long et une fin un peu en queue de poisson mais ce serait vraiment pour chipoter. Et pour la petite histoire, à côté de moi quelques jeunes filles, manifestement danseuses, qui regrettaient le manque de tutus, de pointes pour Cendrillon (même si c’était pour marquer le côté « guenon » à mon sens). Comme quoi, malgré mon grand âge et mon « aigritude », je ne suis pas la plus rétroconservatrice.

Vous l’aurez compris, je ne peux que vous conseiller d’aller le voir. Il vous reste encore ce soir à 20h et demain à 17h. C’est extrêmement divertissant et loin des clichés à tutus et collants moulants qui pourraient faire fuir vos accompagnants masculins. Je vous mets le lien direct de la billetterie pour vous faciliter la tâche.

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Chorégraphie : Jean-Christophe Maillot
Musique : Serge Prokofiev
Scénographie : Ernest Pignon-Ernest
Costumes : Jérôme Kaplan
Lumières : Dominique Drillot

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