Dubuffet, un barbare au MEG

Dubuffet « barbarise » le Musée d’Ethnographie de Genève le temps d’une expo. Cet artiste, père de l’art brut qui a brisé tous les codes et secoué la notion de culture, s’installe au MEG jusqu’au 21 février 2021.

Lorsque j’ai reçu l’invitation pour une visite guidée en avant-première de la nouvelle exposition Dubuffet du MEG, j’ai bien évidemment tout de suite dit oui. Non seulement parce que j’ai toujours apprécié l’art et surtout l’esthétisme de Dubuffet mais aussi parce que je me suis demandé pourquoi un artiste « plasticien » (oui il n’aurait sûrement pas aimé cette « labellisation » mais je ne sais comment en parler autrement) serait exposé au musée d’ethnographie.

C’est grâce à cette visite par le commissaire de l’exposition en personne, Baptiste Brun, que j’ai eu les explications claires et enthousiasmantes nécessaires.

  1. la première et la plus simple: Dubuffet est venu au MEG après la 2e guerre mondiale.
  2. la seconde parce que Dubuffet s’est inspiré de toutes les cultures et d’en redéfinir le mot ainsi que les carcans académiques classiques occidentaux.

Je ne vais pas vous mentir, je n’aurais pas compris l’exposition sans ça mais en même temps ce n’est pas un scoop. Et pourtant j’ai fait quelques années d’ethnographie à l’uni de Neuchâtel comme deuxième branche, ma branche principale étant histoire de l’art… j’aurais dû savoir faire le lien mais c’est pas pour rien que j’ai pas été au bout de mes études :-p

Jean Dubuffet

On était fait pour se connaître, Jean Dubuffet a commencé comme négociant en vin! Ce n’est qu’à l’âge de 43 ans qu’il devient artiste. Né au Havre en 1901 et décédé en 1985, « l’inventeur » de la notion d’art brut a ainsi traversé le siècle et pu se confronter à tous les styles et toutes les crises culturelles et sociales.

L’exposition

Loin de moi l’idée de vous en faire une dissertation hautement intellectuelle, je vous présente factuellement et simplement l’exposition pour vous donner envie d’y aller 😉 sur la base de mes notes.

L’exposition se divise en 3 salles > 3 salles, 3 ambiances.
On commence avec une oeuvre de la fin de sa carrière, emblématique et caractéristique de la « cacophonie visuelle » de Dubuffet. Cette mosaïque aura notamment marqué Basquiat.

Dramatisation, 1978

Pourquoi barbare?

Simplement parce qu’il « barbarise » les catégories, les idées préconçues et le terme de culture, les chamboule, les secoue.

Salle 1)

Cette première salle est organisée de manière à « prendre la température » de son oeuvre. On y retrouve des oeuvres plus caractéristiques et reconnaissables de Dubuffet avec notamment Ontogenèse de 1974.

Dubuffet, un barbare en Europe, MEG
Ontogénèse, 1974-1975

Salle 2)

Cette deuxième salle traite du rapport de l’art, de l’anthropologie et les sciences humaines. Il a beaucoup étudié l’ethno (pas comme moi :-p) et questionne la notion d’art primitif dont il faut s’affranchir. On retrouvera et comparera par exemple des oeuvres « primitives » comme des masques du Lotschental ou des « fausses » anciennes sculptures d’Europe. Nous montrant ainsi l’effective relativité du terme art primitif….

Salle 3)

Pour une immersion plus conceptuel, on s’attaque à la notion de culture. Là ça se corse quand même et les théories de Malraux sont mises à mal. Pour Dubuffet la culture est synonyme de conservation (de classicisme occidental) qu’il y a lieu de changer et d’éclater.

Le Banc-Salon, 1970

Infos pratiques

  • MEG, Musée d’ethnographie de Genève, Boulevard Carl-Vogt 65;
  • billets online obligatoires: CHF 9.- ;
  • ouvert du mardi au dimanche de 11h à 18h;
  • port du masque non obligatoire sauf durant les visites guidées;
  • et si l’expo est trop conceptuel pour les enfants (et pour la Sabine) il y a des installations et un parcours adapté.
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