Les expos 2020 à voir en 2021 ou 2022…

les expos 2020 à voir en 2021

J’allais publier cet article quelques minutes avant l’annonce qu’on allait devoir à nouveau tout fermer mais… tant pis je le publie tout de même en l’état. Il commençait par: On a de la « chance », certains musées romands restent ouverts! C’est le cas sur Vaud, Neuchâtel et Fribourg. L’occasion de profiter de visiter leurs expos et accessoirement les seules sorties culturelles encore possibles.

À défaut de pouvoir vous proposer l’agenda du mois de janvier comme j’en avais l’habitude, voici un petit récapitulatif de quelques expositions à découvrir en ces premiers mois de 2021. En espérant qu’on pourra reprendre des activités culturelles « normales » très vite. Ou pas….

Hearing you with my eyes, Kiki Smith – MCBA
jusqu’au 10 janvier 2021 (à voir s’ils prolongent du coup)

Il ne devait rester plus que quelques jours mais j’en parle tout de même. Je l’ai visitée en petit comité lors de l’ouverture avec une présentation par la conservatrice de l’exposition. Comme d’habitude, j’étais bien contente d’avoir eu cette petite introduction car je n’y aurais pas compris grand chose sans elle.

Kiki Smith est une artiste née en Allemagne en 1954, pluridisciplinaire on la collectionne beaucoup aux Etats-Unis. Ce n’est qu’en 2017 que le déclic se fait chez les européens grâce à la Biennale de Venise. Elle y présenta notamment les étoiles qu’on retrouve au MCBA

Dans l’expo Hearing you with my eyes, on découvre une centaine d’oeuvres, exposées par thème et non pas d’ordre chronologique. Le thème principale est le corps et la perception de ce dernier. On ressent tout de même pas mal de souffrance au 1er étage. Au 2e, c’est moins torturé.

Elle « travaille » le corps sur différents médiums que ce soit la sculpture, le papier mâché, les installations, les découpages etc. Elle choisit pour chaque oeuvre la technique la plus adéquate et qui s’adaptera le mieux au message.

Infos pratiques
  • ouvert du mardi au dimanche de 10h à 18h, nocturnes le jeudi jusqu’à 20h;
  • entrée CHF 20.-, gratuit les dimanches (3 et 10 janvier 2021) et les 1ers samedis du mois et pour les moins de 26 ans;
  • entrée gratuite pour la collection permanente.

Exotic? – Palais de Rumine, Lausanne
jusqu’au 28 février 2021

Une expo quelque peu polémique a pris ses quartiers au Palais de Rumine puisqu’on y questionne la notion d’exotique au 18e siècle en Suisse. Je dis polémique/touchy parce qu’on va forcément aborder la question des colonies et de l’esclavage. On se retrouve donc face à des oeuvres, certes historiques, mais utilisant des termes (heureusement) bannis de nos jours.

Cette exposition est le résultat de plusieurs années de recherches d’étudiantes qui se questionnent sur le terme « exotique » et qu’est-ce que l’exotisme au 18e siècle et plus particulièrement en Suisse. D’ailleurs, je cite au vu du sujet traité, parfois sensible, de nombreuses activités de médiation accompagneront Exotic ?, qui se  veut un espace de réflexion sur la place de la Suisse dans l’histoire et dans le monde.

Les jumelles, pour symboliser le point de vue, selon le regard tout peut paraître exotique

La première salle est un peu une introduction. De nombreux objets très éclectiques provenant de la collection du Palais de Rumine, nous amène à nous poser la question d’où viennent-ils?, lesquels nous paraissent exotiques et lointains?

La 2e salle est divisée en 4 parties.

Partir

Avec les carnets de dessins de deux bernois partis pour fonder deux colonies en Caroline du Nord, New Bern. Ils se feront kidnapper en 1704 par les autochtones et dessineront pendant une année avant d’être renvoyés chez eux.

On connaît également François Moulin, peintre à Vevey au 18e, qui s’embarque, pour les compte de l’Angleterre, pour les îles sucrières. Il construit ainsi une image des Caraïbes en dessinant ce qui a envie d’être vu et acheté créant une vision attirante des îles.

Exploiter

En Suisse, il n’y a que peu voire pas de cabinets de curiosités au 18e. Bien connus en Allemagne, en France et en Italie, ces pièces où l’on collectionne les objets insolites « exotiques », se trouvent, en Suisse, dans les académies de pasteurs. On engrange les objets dans un but purement éducatif et qui serviront à enseigner. Ils ne sont pas là pour faire joli et on reconnaît bien là « l’emprise » protestante ;-).

Un exemple de la différence d’interprétation des objets: deux cabinets en laque du 18e. L’un vient d’Asie, l’autre de France. Eh bien chacun intégrera la collection de deux musées différents. L’asiatique sera exposé au musée d’ethnographie de Genève alors que le français sera conservé au Musée d’art et d’histoire. Cela donne effectivement à réfléchir.

On parlera bien évidemment de porcelaine, avec notamment la Compagnie des Indes. Il existe deux manufactures célèbres en Suisse, celle de Nyon et de Zürich (mais elle fera faillite rapidement). Les porcelaines sont illustrées de scènes et personnes « exotiques » avec des harems, des esclaves et tout autre sujet non européen.

Dans la 3e et dernière salle, c’est plutôt la Suisse qui est au centre de la réflexion. Car oui la Suisse peut paraître exotique, avec ces « sauvages » qui font leur fromage. Mais comme quoi on est tous l’exotique de quelqu’un.

Infos pratiques
  • ouvert du mardi au dimanche de 10h à 17h
  • entrée CHF 8.-, gratuite pour les – de 25 ans et les 1ers samedis du mois

Choc! Suchard fait sa pub – Musée d’Art et d’Histoire de Neuchâtel
jusqu’au 7 mars 2021

Suchard, ce chocolatier fondé en 1826 à Neuchâtel et qui a bercé notre enfance (du moins la mienne), est mis à l’honneur par le biais de quelques 200 affiches et objets. L’occasion de revoir de nombreuses affiches et pub sur le chocolat.

Suchard appartient désormais à Mondelez Europe Services GmbH et depuis 2017 à Carambar and Co pour ce qui est de Suchard Express.

On se souvient tous de ce packaging Suchard Express. Moi cela me rappelle les chocolats chauds sur les pistes quand j’étais petite.

Toute une salle est consacrées aux affiches géantes, certaines font presque 4,5 mètres. C’est également l’occasion de découvrir leur rayonnement à l’étranger.

Je suis manifestement la seule à ne pas savoir que Milka c’était Suchard et même Sugus….

Alors non je ne suis pas si vieille pour avoir connu les affiches vintage mais par contre la dernière salle rappelle tout de même quelques souvenirs.

Et on adore se balader au fil du temps et des époques à travers ces magnifiques illustrations en se disant ah oui ce chocolat je me souviens ou hier j’ai fait une mousse au Toblerone par exemple.

On ne cachera par contre pas notre frustration de ne pas pouvoir déguster un petit carré de chocolat… mais on se fera un petit chocolat chaud Suchard en rentrant à la maison.

Infos pratiques
  • ouvert du mardi au dimanche de 11h à 18h
  • entrée CHF 8.-

D’autres expos à voir mais pas encore vues

  • Les Calendriers de l’Avent historiques – Château de Gruyère , jusqu’au 21 février 2021.
  • Rock me baby – sur plusieurs lieux à Yverdon, jusqu’au 28 février 2021, on suit l’histoire des machines à écrire.
  • One, Two… Street Art – Espace Quartier Libre SIG à Genève, jusqu’au 14 mars 2021.
  • Rodin/Arp – Fondation Beyeler à Bâle, jusqu’au 16 mai 2021. Attention le musée est fermé jusqu’au 22 janvier suite aux directives du Conseil Fédéral.
  • Jean Dubuffet, un barbare en Europe – MEG Genève jusqu’au 28 février 2021. Heureusement je l’ai déjà vue à temps.

Et pour conclure ben, j’espère que la lecture vous a plu parce qu’ils sont désormais tous fermés et qu’on ne sait pas si du coup ils pourront rouvrir avant la date butoir des expos où s’ils les prolongeront…

Quant à moi ben va falloir vous trouver d’autres idées d’articles à lire depuis chez soi….

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