Une pluie d’étoiles danse à Montreux

Hier soir s’est déroulée la première édition de Montreux Danse. Ou la soirée de ma vie!! Une petite dizaine de danseuses et danseurs étoiles réunis sur une scène à 360 degrés au Stravinski à Montreux, reprenant des extraits de chorégraphies bien connues et une création originale pour l’occasion. Une pure merveille…

Tout commença par une conférence/table ronde avec 4 danseurs professionnels dont deux du Béjart Ballet Lausanne, Kathleen Thielhelm et Julien Favreau, mais aussi Manuel Renard du Zürich Ballet pour aborder la danse sous l’angle « business », on a parlé inégalité, incongruités salariales mais aussi passion et éventuelles reconversions.
J’en ai profité pour fait ma groupie… d’après ma mère on aurait dit une gamine de 14 ans mais j’assume. Rencontrer le danseur phare de Béjart que l’on suit depuis des années, difficile de faire autrement.

Le spectacle

Ensuite le vif du sujet: on découvre l’auditorium Stravinski réaménagé. Un scène centrale encerclée des « gradins ».
Placées au 3e rang un peu dans l’angle et de biais, à peine à quelques mètres des danseurs. On a hâte que cela commence. Bon j’ai eu quelques retours suite à mes stories apparemment, vous n’étiez pas tous aussi enchantés par le placement… C’est bien évidemment dommage et ne devrait pas arriver mais il ne faut pas oublier qu’il s’agit d’une première et les ajustements seront certainement faits pour la prochaine édition, j’en suis persuadée.

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Les lumières s’éteignent et se rallument sur un extrait du lac des cygnes de Matthew Bourne, un peu en mou à mon goût et peu sûr, nous sommes vite à nouveau plongés dans le noir avant d’entendre les premières notes de Lacrimosa de Mozart. Ok vous me direz que la musique fait déjà le 3/4 mais le danseur nous a livré une performance intense et aérienne, wow. Et le public est d’accord.

Noir… Une danseuse dans l’ombre, Stabat Mater de Vivaldi commence (oui pour l’instant rien de très joyeux me direz-vous), un mouvement de la sublime danseuse étoile Alice Renavand et là commence un moment d’apnée chorégraphique. Mais quelle merveille, tout est fluide, léger, précis, intense comme dans un rêve. J’étais au bord des larmes.

S’enchaînent ensuite les Enfants du Paradis avec Agnès Letestu,

du Nina Simone pailleté et le Parc de Prejlocaj, que j’avais pu voir dansé par la Compagnie à Beausobre, et là par la sublime Alice à nouveau, on comprend pourquoi c’est sur cette chorégraphie qu’elle fut nommée étoile en 2013.

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Pour clore le spectacle, une création de Ludovic Ondiviela inspiré du Huis clos de Jean-Paul Sartre, un de mes écrivains préférés mais que j’ai lu il y a bien trop longtemps.
2 étoiles, Agnès Letestu, Delphine Moussin, 2 danseurs principaux Ivan Petrov et Ruper  et Pennefather, en costumes dessinés par Agnès Letestu à nouveau. Sur une musique manifestement basée sur le Clair de Lune de Beethoven, tout est prenant. L’Enfer c’est bien les autres comme disait Sartre.
Si je devais émettre une petite remarque, les quelques souvenirs du livre me rappellent que l’intensité va crescendo jusqu’à une apothéose finale pour finalement retomber. Ce qui est repris ici mais il manquait un peu de puissance à mon goût.

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Même le salut final se fait à 360 degrés, un pur plaisir! Voir ces danseuses/danseurs étoiles que nous n’avons pas la chance de voir en Suisse, tous réunis sur une scène, avec un choix d’extraits de chorégraphies qui permet d’élargir son répertoire culturel ou revoir certaines qu’on aime pour les plus assidus, et terminer sur une création originale, quel excellent concept. Espérons qu’une seconde édition se profile!

Alors merci Montreux Danse et merci lasaison.ch

Sabine

 

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