La Nuit des Musées célèbre ses 25 ans avec un Pop-Up Muséal

Avant de transformer Lausanne et sa région en une immense fête le samedi 26 septembre 2026, la Nuit des musées prend ses quartiers dans un ancien poste de police de la rue du Petit-Chêne. Un pop-up culturel en deux parties, entre rétrospective et cabinet de curiosités, pour célébrer 25 ans de découvertes muséales.

Vingt-cinq ans, ça se « Célèbre ».

Pour marquer ce quart de siècle, l’Association des musées de Lausanne et Pully ne s’est pas contentée de préparer une édition anniversaire de la Nuit des musées. Elle a aussi imaginé un lieu éphémère capable de réunir sous un même toit toute la richesse et l’étonnante diversité des institutions participantes.

Le résultat se découvre jusqu’au 26 septembre 2026 à la rue du Petit-Chêne 36 à Lausanne (c’est tout en bas, pas besoin de se « taper » la lourde montée !). Un décor plutôt inattendu, l’ancien poste de Police, pour accueillir les trésors des musées de la région, mais finalement assez parfait pour les sortir de leur cadre habituel. Vous ne pourrez pas le louper!

Au rez : 24 ans d’affiches et de souvenirs

La visite commence par une plongée dans les archives de la Nuit des musées.

Les affiches des 24 éditions précédentes sont réunies dans une rétrospective qui retrace l’identité visuelle de la manifestation. Couleurs, typographies, univers graphiques, objets collectors et campagnes imaginées par les différentes agences de la région se succèdent comme autant de marqueurs de leur époque.

Certaines affiches semblent encore familières. D’autres un peu moins. Mais toujours ce même souvenir, une course contre la montre entre deux musées ou la conviction, une fois encore, que l’on allait parfaitement réussir à visiter huit à 10 musées en une seule soirée avant de terminer notre périple culturel à Tridel.

Autour de ces affiches, différents objets collectors racontent eux aussi l’histoire de l’événement et de ses éditions successives. On se rappelle notamment le collier pour chien qui avait bien fait parler de lui. Et pour ma part, la cravate géante un peu trop phallique, qui nous avaient évidemment bêtement fait beaucoup rire à l’époque. En 2018, on était encore jeunes et….

Cette première partie permet surtout de prendre la mesure du chemin parcouru depuis la création de la manifestation. Car si son apparence a évolué, son principe est resté remarquablement fidèle à ses débuts : ouvrir les portes des musées autrement et les rendre accessibles au plus grand nombre et ce toujours au même pris de CHF 10.-. Et cette année, les transports publics sont compris.

À l’étage, carte blanche à Aline Paley

Pour cette seconde partie, la photographe lausannoise Aline Paley a reçu une mission aussi passionnante qu’un peu folle : photographier un objet ou une œuvre choisi par l’un des 30 musées de la région en lien avec le thème de cette édition anniversaire, « Célébrations ».

Sur le papier, le principe paraît presque simple. Chaque musée sélectionne une pièce emblématique de ses collections. Aline Paley la photographie. Et tout ce petit monde se retrouve ensuite réuni dans une même exposition.

Sauf que les musées lausannois et régionaux constituent une famille particulièrement hétéroclite. Entre arts visuels, littérature, histoire, photographie, cinéma, informatique, sciences naturelles, arts vivants et même patrimoine aéronautique, les propositions n’avaient parfois absolument rien en commun.

Face à cette accumulation d’objets, de formats, de matières et d’histoires radicalement différents, elle a d’abord cherché une forme d’homogénéité. Avant de se rendre à l’évidence : ici, rien n’avait vocation à être homogène. Et c’était justement tout l’intérêt du projet.

Un cabinet de curiosités comme réunion de famille

Avec l’aide de la designer 3D Manon Brion, Aline Paley a donc imaginé une installation dans laquelle chaque photographie pourrait trouver sa place de manière intuitive.

Pas d’alignement sage sur des murs blancs ni de parcours imposé. Le public peut circuler librement, observer les images de près ou de loin et découvrir progressivement les liens qui se créent entre elles.

L’ensemble évoque un cabinet de curiosités contemporain, mais aussi une grande réunion de famille des musées lausannois. Certains membres prennent beaucoup de place. D’autres se font plus discrets. Quelques-uns semblent n’avoir, a priori, absolument rien à se dire. Pourtant, réunis dans un même espace, tous finissent par dialoguer.

Le projet a ainsi été pensé davantage comme une installation globale que comme une exposition photographique traditionnelle. Les images ne sont pas seulement accrochées : elles occupent l’espace, jouent avec le bâtiment, sa lumière et trouvent une matérialité propre.

Une manière aussi de transporter les collections hors des musées et de les faire exister dans un lieu qui n’a pas été conçu pour les accueillir. La célébration prend ainsi possession d’un ancien poste de police, ce qui n’était probablement pas sa vocation première, même si c’était l’antre des objets trouvés.

La féra sort de l’ombre

Parmi les pièces qui ont servi de point de départ à l’installation figure une féra naturalisée appartenant aux collections du Naturéum.

Cette féra, représentante d’une espèce aujourd’hui disparue, est habituellement conservée au musée dans une pièce plongée dans l’obscurité. La lumière ne s’allume que lorsqu’une personne entre dans l’espace, comme si le poisson ne réapparaissait que le temps d’une visite.

Pour le pop-up, Aline Paley a cherché une manière de lui redonner vie et de lui offrir une présence nouvelle. La féra a été imprimée en grand format sur un tissu de coton. Suspendue dans l’espace, elle se transforme au fil de la journée et s’illumine différemment selon les rayons du soleil.

Elle n’est donc plus seulement la photographie d’un spécimen conservé dans un musée. Elle devient une pièce à part entière de l’installation, presque vivante, qui prend une place considérable dans l’espace.

C’est aussi exactement ce que cherche à provoquer le projet : donner une nouvelle matérialité aux objets photographiés, tout en éveillant l’envie d’aller ensuite découvrir les originaux dans leur environnement muséal.

Jean-Luc Bideau, une chemise et dix minutes au Café du Signal

Autre rencontre, autre ambiance : celle de Jean-Luc Bideau pour représenter la Cinémathèque suisse et le film L’Invitation de Claude Goretta. Film qui sera d’ailleurs projeté à 15h15 le 26 septembre.

Pour réaliser son portrait, Aline Paley s’est rendue à Genève, au Café du Signal. Jean-Luc Bideau est arrivé avec un peu de retard, muni d’un sac en plastique dont il a sorti une chemise et une cravate.

Puis il a demandé, très simplement : « Qu’est-ce que je dois faire ? »

La photographe lui a proposé de reprendre certaines expressions et gestuelles de son personnage dans L’Invitation, notamment sa fameuse tête de malheureux. Le jeu s’est installé pendant une dizaine de minutes, tandis que la terrasse du café se remplissait peu à peu autour d’eux. Un moment à la fois drôle, spontané et touchant.

Dans l’installation, son portrait est devenu l’une des pièces les plus imposantes. Son œil semble désormais surveiller l’ensemble de l’espace, presque comme le patriarche veillant au bon déroulement de cette étrange réunion de famille.

Donner envie d’aller voir derrière l’image

Au-delà de leur mise en scène, chacune des photographies agit comme une porte d’entrée vers une institution et ses collections. Le pop-up offre un aperçu de ce que les musées ont choisi de transmettre, mais ne raconte volontairement pas toute l’histoire. Il attise la curiosité, crée une rencontre avec un objet sorti de son contexte et donne envie d’aller ensuite le retrouver là où il vit habituellement.

Une invitation particulièrement bienvenue à l’approche de la 25e Nuit des musées, qui réunira cette année 29 institutions. Deux nouveaux lieux rejoignent également la fête : , qui ouvrira les portes de sa collection d’avions historiques.

Le samedi 26 septembre 2026, la 25e Nuit des musées réunira 29 institution avec deux nouveaux lieux ARTCHUV et l’Association pour le Maintien du Patrimoine Aéronautique. Chacun s’appropriera le thème de la célébration à sa manière. De 14h à minuit, expositions, ateliers, performances, projections, visites et autres festivités se succéderont dans toute la région.

Et pour celles et ceux qui estimeraient que minuit est beaucoup trop tôt pour conclure un anniversaire, quatre afters prolongeront la soirée au D!, Le Romandie, Les Jumeaux et Le Bourg.

Mais avant de construire un programme parfaitement irréalisable pour le jour J, un passage par le pop-up s’impose pour revoir les 24 visages précédents de la Nuit des musées, découvrir les trésors choisis par les institutions et observer une féra disparue partager un ancien poste de police avec l’œil géant de Jean-Luc Bideau.

Pop-up de la Nuit des musées
Du 3 au 26 septembre 2026
Rue du Petit-Chêne 36, Lausanne

Mercredi, jeudi et vendredi : 14h–19h
Samedi : 10h–18h
Entrée libre

25e Nuit des musées de Lausanne et Pully
Samedi 26 septembre 2026
De 14h à minuit
Billet unique : CHF 10.–, transports compris

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur la façon dont les données de vos commentaires sont traitées.

You May Also Like
La culture en suspens, mon coeur avec
lire la suite

La culture en suspens, mon coeur avec…

Il en a manifestement été décidé ainsi, la culture au 21e siècle n’est pas un besoin essentiel. Nous sommes déjà si cultivés et instruits que pouvoir se procurer le dernier mascara est bien plus primordial pour notre survie que d’assister à la dernière pièce en vogue au Théâtre de Beausobre. Qu’en est-il désormais de notre survie mentale??
lire la suite