Dixit – le chef d’oeuvre hommage du Béjart Ballet Lausanne

Au moment où j’essaie d’écrire ce bref article, les mots me manquent encore pour décrire la première de Dixit, hommage chef d’oeuvresque à Maurice Béjart disparu il y a 10 ans par le Béjart Ballet Lausanne au Théâtre de Beaulieu.

Oui vous avez bien lu, les mots me manquent…c’est pourtant rare d’arriver à me la couper comme on dit… et pourtant, cette première de Dixit à Beaulieu l’a fait!

Un chef d’œuvre, magnifique, une pure merveille, sublime, je pourrais continuer avec une simple liste de qualificatifs pour vous inciter, voire obliger, à prendre les dernières places qu’il reste pour les représentations à venir. Je vais tout de même tenter, en évitant de spoiler, d’argumenter un minimum, sans partir dans une analyse hautement philosophique, Monsieur Pastori ou tous les autres en parleront bien mieux que moi!

Synopsis

C’est donc en collaboration avec Marc Hollogne que Gil Roman s’est attaqué à la dure tâche de rendre hommage à celui qui lui a tout appris (je cite), Maurice Béjart. Ce spectacle nous était annoncé comme un dialogue unique, le premier « cinéma-danse-théâtre » du BBL, un hommage total (dixit le flyer!) mêlant des images d’archives, la voix de Béjart, de la danse et une émotion plus qu’intense. Ajoutez à cela les courtes vidéos teasers postées sur Facebook, les instastories (de celui ou celle qui a manifestement eu le poste que je convoitais, sans rancune :-)), on se dit déjà que cet avant-goût paraît plus que prometteur, en espérant tout de même que tout ne sera pas axé sur une suite d’images et de virtuel et que l’on aura la chance de voir la compagnie danser.

La première

C’est donc toutes enchantées que ma maman et moi, après notre traditionnelle petite coupe de champagne, nous installons dans notre fauteuil, parterre, rang M, place 1 et 3 (une première d’habitude je choisis tout le temps balcon) soit en plein centre et relativement proche de la scène. L’emplacement est déjà idéal.

Les lumières s’éteignent et le rideau s’ouvre sur plusieurs écrans montrant une cuisine et un Béjart enfant. Piquée au vif, les larmes montent déjà (ok suis particulièrement émotive ces derniers temps mais pour ma défense ma maman n’en menait pas large non plus), et là, c’est en apnée pour l’heure 45 de représentation, qu’on découvre Maurice et ses inspirations, ses débuts, son choix de la danse et rapport au théâtre, ses moments de création, ses répétitions, ses « croyances », même des flamants roses, sa mort, bref tout ce qui a fait de Béjart un chorégraphe majeur du 20e siècle.

On passe rapidement sur cette tragique date du 22 novembre 2007 pour enchaîner, avec finesse et émotion, sur la relève, Gil Roman et sa troupe qui répètent et proposent une création dans la lignée de Béjart mais tout de même « à sa sauce ». Soit une succession tout à fait légitimée désormais.

Sans oublier, l’essence même du spectacle, les danseurs. Sans dire de bêtises (je sais c’est pas gagné…), le 98% d’entre eux n’a pas dansé sous l’égide « Béjart », voire n’était peut-être qu’à peine né…, à part Elisabet Ros et Julien Favreau, qui nous offrent un duo sans faux pas (comme d’habitude) et laissent la scène à la relève qui répètent avec acharnement un Boléro, un Sacre du Printemps, un Bhakti, révisent leurs batteries et ballonnés (;-)) etc. etc. Le tout sous l’œil de Béjart virtuel et ressuscité (je n’en dis pas plus pour celles et ceux qui vont le voir).

C’est donc sans tomber dans le pathos, le larmoyant, le téléphoné, le simple medley de ses plus belles chorégraphies et sans aucun chichi que l’on passe du rire aux larmes (surtout pour moi…) jusqu’à la standing ovation de fin tellement évidente.

Alors merci Gil Roman, Marc Hollogne, toute la compagnie, pour ce moment poétique et magique et pour avoir perpétué avec simplicité et émotion la mémoire de Béjart! On se revoit au mois de juin!

Béjart Ballet Lausanne, Dixit, Théâtre de Beaulieu, du 19 au 24 décembre 2017.
Billetterie: www.ticketcorner.ch

0
Share: