Les éclats de merveilles du Béjart Ballet Lausanne

KU Béjart Ballet Lausanne

Comme chaque mois de juin, c’est l’heure des six représentations du Béjart Ballet Lausanne au Théâtre de Beaulieu. En décembre je vous avais parlé de Dixit, l’hommage à Béjart pour les 10 ans de sa disparition, une merveille. Ce « semestre », le choix s’est porté sur deux créations, KU de Yuka Oishi et Eclats de Julio Arozarena, une reprise de Gil Roman, Syncope et bien sûr Un cygne d’autrefois se souvient que c’est lui de Béjart. Soit quatre merveilles d’un coup.

Le Béjart Ballet Lausanne, ou BBL pour les intimes, étant plus présent sur les réseaux sociaux, j’avais déjà pu avoir un joli petit aperçu de ce qui nous attendait pour ce samedi soir. Quelque chose me disait que cela allait me plaire mais quand même, faut toujours voir en vrai.

C’est donc avec Juliette (vous savez « ma » gentille photographe) – oui ma maman ayant décidé de faillir à la tradition, tant pis pour elle – que nous sommes allées boire une coupette et assister au spectacle. Les photos étant interdites vous ne pourrez que me croire sur parole.

ECLATS par Julio Arozarena

Eclats ouvre donc le bal sur une musique de Vivaldi, j’étais déjà conquise par ce choix.

Eclats est tout bonnement éclatant. Avec le mot « éclat » on peut penser à « saccade », « quelque chose de fragmenté », voire même de « violent et soudain », alors que là tout est fluide, doux, les mouvements, les costumes, le décor. C’est plutôt éclatant, brillant, ou comme dirait le Larousse, « quelque chose qui impose à l’admiration ». Oui ce sont des éclats de danse, comme l’annonce le chorégraphe, mais des éclats de merveille qui s’enchainent et enchantent. (bon je vais arrêter d’essayer de faire des phrases pseudos philosophiques ce n’est pas de ma compétence).

Je ne vais pas vous faire un article sur la définition du mot et ses synonymes, ce fut tout simplement mon préféré. Même si la musique faisait beaucoup, j’ai adoré car c’est tout ce que j’aime, des pointes, de la musique classique, une chorégraphie « néoclassique » ( je ne sais pas si on peut vraiment la qualifier ainsi) parfaitement exécutée. Avec une larmichette et des frissons lors d’un tableau particulier mais que je ne spolierai pas. C’était de toute beauté 😉

Et petite parenthèse pour les danseurs de l’Opéra National de Russi, que j’avais vu en avril interpréter le Lac des Cygnes sur cette même scène. FYI, il est donc tout a fait possible d’éviter le cliquetis de vos pointes sur le sol…

Petit mot sur le chorégraphe, Julio Arozarena, danseur cubain oeuvrant pour Béjart de 1993 à 1997, il est désormais assistant à la direction artistique et maître de ballet au BBL. Pour en savoir plus, je vous aiguille sur cet article du 24heures de 2016 !

SYNCOPE de Gil Roman

Syncope porte bien son nom, non on ne fait pas une syncope à la fin, encore que… tout est syncopé, le corps des danseurs mais le nôtre aussi, les tableaux, la musique, tout suit ainsi les mouvements de la musique.

Cela part tout de même avec un handicape puisqu’il me semble reconnaître une revisite des Lacs du Connemara de Sardou... :-p Une fois ce moment passé, on entre dans un monde « un peu tripé », quelque peu conceptuel, plus théâtral qui demande une capacité d’interprétation peut-être plus prononcée que dans les autres chorégraphies. Ce ballet est un mélange d’humour, d’introspection, de théâtralité, d’originalité, le tout magnifiquement interprété notamment par Elisabet Ros et Gabriel Arenas Ruiz (voir photos plus bas).

Je l’avais déjà vu lors de sa création en 2010, et je pense que je n’étais pas prête alors car je me souviens ne pas avoir aimé. Forcément, j’aime pas trop quand je comprends pas (ça arrive très souvent, vous vous en doutez) et que cela sort de mon petit carcan classique et traditionnel. Il faut croire qu’avec les années on change encore, car je l’ai définitivement mieux apprécié cette fois-ci.

Un cygne d’autrefois se souvient que c’est lui

Créé il y a 25 ans par Béjart pour Gil Roman, ce soir c’est le beau Julien Favreau qui l’interpréta. Heureusement pour une fois je tombe le bon soir!

Chorégraphie courte et un peu surprenante sur une musique de Wagner, ce fut pour moi un peu le Boléro du cygne. La présence de la patte de Béjart est indéniable et l’on reconnait toute la difficulté de l’interprétation du mouvement et de lui donner sens et vie. Peut-être trop court pour pour que j’arrive à rentrer dedans…c’est étonnamment celui qui m’a le moins plus. Je n’aurais jamais cru dire ça d’une chorégraphie de Béjart (mes excuses).

KU par Yuka Oishi

Et pour clore cette soirée, c’est au tour de la chorégraphe japonaise Yuka Oishi (on s’en serait douté Sabine…) issue du Hamburg Ballett de John Neumeier, de nous présenter sa création. Son ballet, KU, est fatalement inspiré de la culture japonaise. J’ai essayé de trouver une définition sur internet mais ce n’était pas très concluant (à part tomber sur San Ku Kaï…) et comme je voulais éviter de vous faire un copier/coller du site du BBL… j’ai préféré vous mettre un extrait, beaucoup plus parlant.

Je ne vais pas vous mentir, c’est un ballet assez compliqué car difficile d’accès mais d’une beauté à couper le souffle. Ce qui a été le cas pendant quelques secondes. Le public du Théâtre de Beaulieu semblait comme en apnée.

Pour ma part, j’ai été hypnotisée, voire envoutée. Certaines parties s’approchant presque de rites chamaniques, les émotions sont mises en mouvement avec un rythme très soutenu par moment. Il y a tout de même quelques longueurs qui m’ont fait un peu sortir du rituel, mais la beauté des tableaux vous les fait vite oublier.

Après 2 heures de spectacles, la seule réponse possible était la standing ovation… et surtout vous convaincre que vous vous devez d’y assister. 4 chorégraphies, 4 univers, 1 millier d’émotions différentes, le choix pertinent de ces chorégraphies sort des sentiers battus et nous ouvre à une autre danse que celle de Béjart. Mais ne nous inquiétons pas, celui-ci « reviendra » en décembre, puisque c’est son oeuvre Casse-Noisette qui est au programme et les billets sont déjà en vente, enfin je crois!

N’allons pas trop vite, d’abord le mois de juin pour lequel il reste encore des places pour les représentations de ce dimanche à 18h et du 26 au 28 juin à 20h. Rendez-vous sur Ticketcorner pour prendre votre billet.

Et si cela ne vous suffit pas, le weekend prochain, soit les 30 juin et 1er juillet, c’est les 25 ans de l’Ecole Rudra Béjart à Beaulieu également avec « Rudra, Omnes Generationes ». J’avais déjà pu voir ce spectacle au Rolex Center dans le cadre de la Fête de la danse en mai, et y retourne sans hésitation, sachant que le BBL ouvrira le bal et que cela vaut de toute façon la peine de le revoir. Ces jeunes danseurs, relève du BBL (peut-être), ont un tel talent dont on ne se lasse pas.

Sabine ♥

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