Le samedi 26 septembre 2026, la Nuit des musées de Lausanne et Pully soufflera ses 25 bougies. De 14h à minuit, 29 institutions et plus d’une centaine d’animations transformeront la région lausannoise en un immense terrain d’exploration culturelle. Voici quelques idées pour sortir des sentiers muséaux les plus fréquentés, sans prétendre réussir à tout voir.
Chaque année, la Nuit des musées commence avec la même illusion : établir un parcours parfaitement optimisé, enchaîner les visites avec une précision suisse et découvrir un maximum d’institutions avant minuit. Chaque année, la réalité reprend rapidement ses droits, on arrivera jamais à tout caser en 8h.
On s’attarde devant une œuvre, on manque le début d’une visite, on participe à un atelier qui n’était absolument pas prévu, on s’arrête manger et boire quelque chose, on croise des copains et, soudain, il est 22h30 alors qu’on est même pas à la moitié de la liste.
Pour sa 25e édition, la Nuit des musées réunit 29 institutions de Lausanne, Pully, Renens et Ecublens autour du thème « Célébrations ». Expositions, visites, performances, ateliers, projections, jeux et expériences inédites se succéderont de 14h à minuit. Deux nouvelles institutions rejoignent également la manifestation : ARTCHUV et l’Association pour le Maintien du Patrimoine Aéronautique (oui apparemment ça existe…).
J’ai donc choisi de mettre en lumière quelques lieux dont on parle moins souvent et qui illustrent parfaitement l’intérêt de la Nuit des musées : profiter d’un billet unique pour pousser enfin la porte de ces institutions que l’on se promet de visiter « un de ces jours » alors qu’on finit toujours à Plateforme10….
Des machines à écrire aux premiers ordinateurs
Deux générations d’outils autrefois révolutionnaires, devenus parfaitement ordinaires avant d’entrer au musée et que les moins de 20 ans, voire même de 40 ans, ne peuvent pas connaître.

Au Musée de la Machine à écrire, plusieurs centaines de modèles retracent l’évolution de l’objet qui a transformé notre manière d’écrire. Pendant la Nuit des musées, des concours de dactylographie permettront de tester sa vitesse de frappe et de donner enfin une justification culturelle à toutes ces années passées à répondre à des e-mails.

Quelques arrêts de métro plus loin, le Musée Bolo sur le site de l’EPFL poursuivra cette histoire avec l’informatique, la culture numérique et le jeu vidéo. On pourra y découvrir les impressionnants superordinateurs Cray, revenir sur les 45 ans de la success-story suisse Logitech. Une Game Lounge réunira également consoles iconiques et jeux mythiques.
À la Ferme des Tilleuls, Renens résiste par la joie
Installée dans une ancienne maison de maître entourée d’un parc, la Ferme des Tilleuls est devenue au fil des années un lieu de création contemporaine, d’expositions et de rencontres.

Durant la Nuit des musées, des visites flash permettront de découvrir La joie résistera ! (au coeur de l’occupation du Noirmont) ainsi que l’installation -ORGANuGAMME-. Des ateliers de broderie sur tote bag et de mosaïque complèteront le programme pour celles et ceux qui préfèrent mettre directement la main à l’œuvre.
La proposition la plus intrigante reste sans doute la visite guidée dans le noir avec Nora Rupp. Privé de ses repères habituels, le public sera invité à expérimenter le lieu et les œuvres autrement. Une manière de rappeler que visiter une exposition ne consiste pas toujours à tout voir, tout comprendre et lire consciencieusement chaque cartel. Parfois, perdre un peu le contrôle peut aussi faire partie de l’expérience.
À la SAPA, les spectacles continuent après le tomber de rideau
La Fondation SAPA conserve et valorise les archives suisses des arts de la scène : théâtre, danse, performance et autres formes de spectacle vivant. Pour une ancienne danseuse classique qui passe une partie assez conséquente de son temps libre dans les théâtres, le détour paraît légèrement obligatoire.

La Nuit des musées permettra notamment de participer à une « rencontre éclair avec une archive ». En quinze minutes, un document ou un objet sortira des réserves pour raconter un fragment de l’histoire des arts de la scène.
L’atelier La fabrique des archives fabuleuses invitera à jouer avec les traces laissées par les spectacles, tandis que des origamis grand format feront prendre une nouvelle dimension au papier.
Et pour les personnes chez qui les mots « livres » et « affiches » provoquent une soudaine perte de toute notion de raisonnabilité, une bourse se tiendra durant la soirée.
À La Muette, Ramuz accueille des auteurs qui n’existent pas
À Pully, La Muette – espaces littéraires occupe la maison familiale de Charles Ferdinand Ramuz, où l’écrivain a vécu et travaillé pendant de nombreuses années. Le lieu offre déjà, en temps normal, une rencontre très particulière entre littérature, patrimoine et création contemporaine.

Durant la Nuit des musées, il y ajoutera une jolie dose d’imagination. Une balade littéraire permettra aux familles d’explorer les lieux à travers les mots et les histoires. La Compagnie Dobromir proposera également une conférence improvisée consacrée aux « Auteurs qui n’existent pas ». Littérature, improvisation et loto : sur le papier, l’association paraît légèrement improbable. Elle correspond donc parfaitement à l’esprit de la soirée.
ARTCHUV : regarder l’hôpital autrement
Cette 25e édition accueille également deux nouvelles institutions, très différentes l’une de l’autre, mais qui montrent à quel point la notion de musée peut aujourd’hui dépasser les bâtiments auxquels on l’associe traditionnellement.

Avec ARTCHUV, les couloirs du Centre hospitalier universitaire vaudois deviennent un parcours artistique à part entière. Des visites commentées permettront de découvrir les expositions du programme ART+HÔPITAL et de mieux comprendre la place que peuvent occuper les œuvres dans l’expérience des patientes et patients, des proches et du personnel.
- L’artiste Emanuelle Klaefiger proposera également une déambulation narrative, collective et silencieuse à travers le bâtiment.
- L’atelier Magmatrace de Mathias Forbach, alias Fichtre, invitera le public à dessiner sur des cailloux pour les transformer en porte-bonheur, amulettes ou ex-voto.
Un seul billet, beaucoup trop de possibilités
Depuis sa création, la Nuit des musées repose sur une formule aussi simple qu’efficace : un billet unique à CHF 10.- permet d’accéder aux 29 institutions partenaires.
Le billet comprend également les TL (zones Mobilis 11 et 12), le 26 septembre. Les enfants de 6 à 16 ans participent gratuitement, mais doivent disposer de leur propre billet.
Et puisque 25 ans méritent une vraie fête, la soirée se prolongera dans quatre clubs partenaires : Le Romandie, le D! Club, le Bourg Club et Les Jumeaux Jazz Club. Électro, afrobeat, rap, R’n’B, trap, dub, reggae ou encore trance permettront de passer sans transition des archives muséales au dancefloor. L’accès aux afters est compris dans le billet.
Mon conseil pour survivre à la Nuit des musées
N’essayez pas de tout voir. Choisissez deux ou trois institutions incontournables, ajoutez-en une que vous ne connaissez absolument pas et conservez une petite marge pour les détours, les discussions enflammées autour d’une oeuvre et les animations repérées au dernier moment.
La Nuit des musées n’est pas un concours d’endurance culturelle. Déjà que j’ai pas d’endurance physique, je vais pas me rajouter un challenge. Son véritable intérêt se trouve dans la possibilité d’entrer dans des lieux que l’on fréquente peu, de découvrir des collections autrement
Et si on termine la soirée avec seulement trois musées au compteur, un tote bag brodé, une affiche de théâtre et l’impression d’être un minimum plus cultivée qu’au départ, on pourra considérer que la mission est largement accomplie.
Informations pratiques
📅 Samedi 26 septembre 2026, de 14h à minuit
🎟️ Billet adulte : CHF 10.– | Gratuit pour les enfants jusqu’à 16 ans
🚎 Transports publics dans les zones Mobilis 11 et 12 compris