Oeil de Perdrix et autres nectars neuchâtelois

Pour ce dernier épisode de la série épicurienne inspirée par la brochure Terroir – à savourer, je suis partie à la découverte et à la dégustation de l’Oeil de Perdrix, le fameux rosé neuchâtelois.

Pour déguster les différents nectars neuchâtelois, nous avons voyagé entre deux lieux. Les Caves du Prieuré de Cormondrèche et le Château de Boudry, avec une petite halte à La Tourne pour un pti frichti local.

Neuchâtel Vins et Terroir

Mais d’abord quelques mots sur le vignoble neuchâtelois. Il est composé de 53 vignerons, 600 hectares et 12 cépages AOC. Les spécialités des vignerons neuchâtelois sont :
1) le Chasselas non-filtré qu’on retrouve dès le 3e mercredi de janvier;
2) l’Oeil de Perdrix avec une dégustation publique au mois de juin et qui nous intéresse aujourd’hui;
3) le Pinot noir.

L’Oeil de Perdrix

Il y a beaucoup de préjugés et d’aprioris sur l’Oeil de Perdrix, du moins pour la jeune génération qui y voit peut-être un vin léger, un peu rétro et très concurrencé par les rosés de Provence, par exemple. Mais si on s’y plonge, on découvrira un panel d’Oeil de Perdrix bien différents. Certains plus légers à la robe rose pâle, idéal pour l’apéro. D’autres plus tendus et aromatiques avec une belle couleur qui tire vers le saumon-corail pour les grillades. Il y en a donc pour tous les goûts.

Sans oublier les dérivés, comme le mousseux par exemple, ou même la gelée d’Oeil de Perdrix pour accompagner un bon morceau de fromage!

L’Oeil de Perdrix, c’est quoi?

L’Oeil de Perdrix est élaboré à partir de Pinot Noir et vinifié d’une manière traditionnelle et particulière. Bien originaire de Neuchâtel, on en trouve la trace dès 1861, la « marque » n’a malheureusement pas été déposée en temps voulu, on retrouve de l’Oeil de Perdrix un peu partout. En revanche, la « recette » est protégée!

Très peu cuvé, on privilégiera par exemple des raisins moins mûres et un pressurage direct pour obtenir des rosés moins lourds. Mais chacun aura son style.

Il est le vin le plus exporté hors canton, voire même hors Suisse, grâce notamment au Château d’Auvernier qui exporte aux US et en Allemagne entre autres.

Pour l’anecdote, le nom vient d’une association très glamour, la couleur du vin ressemble à la couleur d’un oeil de Perdrix à l’agonie… On va se contenter de le boire et éviter d’y penser n’est-ce pas?!

Les Caves du Prieuré, Cormondrèche

Cette coopérative, la plus petite de Suisse, regroupe 50 producteurs. 

Avec son histoire parfois rocambolesque, les Caves du Prieuré dépendaient initialement des moines qui descendaient de Môtiers au Val de Travers. Avec la Réforme, en 150, les moines ont abandonné le navire et ce prieuré fut racheté par Claude Baillod, un châtelain. Et c’est là que Blathazar Baillod, le fils aurait fait des choses pas très catholiques qui auraient conduit le Domaine à la faillite. Elles passèrent ensuite entre différentes mains privées pour finalement être acquises par l’Association de viticulteurs de la Côte Neuchâteloise, le 6 octobre 1939.

La vente se fait principalement à des privés (50%) ou des restaurateurs (comme Streetcellar) mais très peu dans la grande distribution.

La dégustation

Nous avons dégusté un joli petit panel de la production des Caves du Prieuré. À commencer par du Chasselas, mais filtré, pour juste aviner le verre et nous mettre en jambe. Ensuite un Oeil de Perdrix, évidemment, une Perdrix Blanche, un Oeil de Perdrix mousseux pour terminer par un joli assemblage rouge, l’Elixir du Prieur.

Chasselas Neuchâtel

Oui apparemment il n’y a pas que chez nous qu’on fait du Chasselas!

Ici pour « aviner » le verre avant la dégustation d’Oeil de Perdrix, il allait parfaitement en guise d’ouverture et d’apéro.

L’Oeil de Perdrix

Pas de doute on est bien sûr un rosé! Une couleur bien présente qui tire vers l’orange-corail, de la structure, juste l’acidité qu’il faut. Parfait pour l’apéro et les dernières grillades de l’été.

La Perdrix blanche ou le Blanc de noir

Même si sa couleur est à s’y méprendre, il s’agit bien d’un Pinot Noir mais vinifié comme un cépage blanc. Si l’on observe bien, on dénote effectivement une légère couleur rosée.

C’est plutôt un vin de gastronomie, un peu trop structuré pour l’apéro. Mais avec son goût de miel, je le vois assez bien avec un morceau de Gruyère, voire un Gruyère Caramel.

Oeil de Perdrix Mousseux brut

Des fines bulles, une couleur saumon légère, fruité, une idée originale pour changer des mousseux de Chardonnay par exemple.

Elixir du Prieur

Un Assemblage rouge, Gamaret-Pinot noir, élevé 24 mois en barrique.

Avec sa belle couleur violacée, on est sur un vin très travaillé et structuré. Tannique et complexe à l’image de Magie Noire, c’est un rouge qui accompagnera divinement votre viande rouge.

Le Château de Boudry

Oenothèque cantonale mais aussi musée de la vigne et du vin, le Château de Boudry, propose un panel quasi complet des vignerons neuchâtelois. Chacun à sa colonne de 3 casiers avec 2 à 3 références à choix.

Ouvert du mercredi au dimanche, on peut venir déguster et y faire ses emplettes même le dimanche lorsque tout le reste est fermé.

La dégustation d’Oeil de Perdrix

Nous y avons dégusté 4 Oeil de Perdrix différents pour nous montrer les différences. Si touts avaient une base de nez et bouche fruits rouges et grenadine, chacun avait sa spécificité avec plus ou moins de tension, permettant ainsi des rosés pour chaque occasion, apéro, repas légers d’été, poissons en sauce ou crus.

  1. Oeil de Perdrix du Domaine Brunner. Une étiquette jeune et très graphique, c’est un vin tendu, frais et fruité avec des notes de framboise. CHF 15.- la bouteille, existe aussi en 50cl 😉
  2. Oeil de Perdrix Dominique Engel. Sa robe saumonée, à servir bien frais. CHF 17.20 la bouteille, existe aussi en 50cl.
  3. Andrey Flair. Une étiquette également très graphique, ce rosé est très structuré. CHF 12.50 les 50cl.
  4. Oeil de Perdrix Auberson & Fils. Presque pétillant, on notera également la framboise et une belle acidité. CHF 17.50 la bouteille.

L’Hôtel de La Tourne

Situé dans les hauteurs, cet hôtel-restaurant plein de charme et d’une authenticité locale sans pareil offre une carte avec que du fait maison et une carte de vins locaux uniquement.

La cuisine de ces deux frères se veut simple, authentique, traditionnelle et surtout 100% locale! Leur spécialité: les cordons-bleus maison!! accompagnés de röstis et de quelques légumes pour la forme, vous pourrez choisir sa taille, 200, 350 (faut déjà être costaud) et… 550gr!!!

Pour les vins c’est pareil, on y découvre des pépites de la région, comme du Chasselas non-filtré et nous avons eu la chance de déguster le Kairos n°4, la Sélection privée Henry Aloys Grosjean, des Caves du Château d’Auvernier. Une cuvée spéciale qui casse les codes et en édition limitée.

C’est bien le vin qui est trouble, pas la photo 😉
Maintenant que je vous ai bien mis le vin à la bouche, on profitera de la Fête des Vendanges, le 24 septembre à Neuchâtel pour découvrir ou redécouvrir les producteurs neuchâtelois.
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